21 Le temple
La roue de la fortune
Plateau tournant, tissus, fauteuils de jardin, système sonore
En reprenant ce motif de la Roue de la Fortune, Pierre Ardouvin s’approprie un motif « standard » du monde de la télévision, motif banal de l’idéologie du jeu et il en redirige la fonctionnalité. En faisant écho à des images désuètes tirées de la culture populaire « avant l’ère de la télévision », il oppose ici deux conceptions différentes du divertissement. Il y a l’idée de rassemblement de personnes, d’images de salles des fêtes, de banquets populaires ou de cirque. Cependant, il y a aussi l’imagerie des croyances ésotériques et des séances autour de la « table de séance » qui étaient populaires parmi les « classes inférieures » au début du XXe siècle. Cette référence à des activités collectives qui donnaient aux gens des moyens de se rencontrer et de socialiser autour du partage et de la discussion, se heurte à l’idéologie du « divertissement » et à la consommation mécanique et personnalisée de « produits » culturels. En apportant devant nous les traces d’un monde révolu, un lieu de partage d’expériences devenu impossible, Pierre Ardouvin nous laisse choisir – faut-il à notre tour participer au jeu et accepter de tourner en rond ? Ou devrions-nous garder nos distances et rester dans l’ombre ? […]
Artiste
Pierre Ardouvin est né en 1955 à Crest, en France. Il vit et travaille à Paris.
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